Histoire

Découvrir Le Quesnoy à travers son histoire


Les richesses du Patrimoine
L’état de conservation de son espace fortifié et la diversité de ses ouvrages font du Quesnoy le second site fortifié de France. L’ensemble, parfaitement conservé, est d’ailleurs classé Monument Historique depuis 1942.
L’enceinte bastionnée de 3.5 kms de circonférence est agrémentée d’un ingénieux système d’inondation des fossés. En son cœur, la cité des chênes renferme quelques trésors architecturaux  à découvrir au gré des rues et places pavées. Entre autres : le beffroi et son carillon, l’hôtel de ville de 1700 ou encore le kiosque à musique.

Nature : un espace naturel unique
Entre les espaces fortifiés, le Quesnoy dévoile un patrimoine naturel exceptionnel, constitué de 70 variétés différentes de faune et de flore.
L’écrin de verdure d’une centaine d’hectares renferme une trentaine d’espèces d’arbres, des plus représentatifs comme le chêne, aux plus singuliers comme le séquoia géant. Ce  cadre naturel des mieux préservé, bordé d’étangs et de ruisseaux, constitue un abri idéal pour une faune protégée : chauve-souris, hérons, colverts, carpes et autres brochets…

Une longue histoire
Naissance de la Cité des Chênes
Nous sommes en 1142, dans le comté de Hainaut, sous l’influence du Saint-Empire-Romain-Germanique. Puissant parmi les puissants, le comte de Hainaut est aussi prince de Hollande, de Zélande et de Frise. Pourtant, des  indépendants et turbulents vassaux le bousculent : il s’agit des seigneurs d’Avesnes. Afin de leur barrer la route et de contrôler les accès au sud de son territoire, le comte Baudouin IV construit un château à un carrefour stratégique, à proximité de la forêt de Mormal (nom donné au site évoque les chênes abondants en forêt) : Le Quesnoy est né.
Dès 1180, la ville neuve se voit dotée d’une charte de franchise pour les bourgeois. Séduits par cet avantage, commerçants et artisans affluent et un bourg de taille modeste se forme. A cette époque, Le Quesnoy apparaît comme un centre économique du fait de la présence d’un marché et grâce à l’exploitation du bois dans la forêt de Mormal.
Le château devient une résidence de choix pour les comtes de Hainaut. Outre son immense parc, il comprend une vaste enceinte ovale de 140 m sur 
180 m, qui renferme une salle d’apparat, une chapelle, plusieurs tours et une vaste basse-cour avec les écuries, étables et autres bâtiments utilitaires.

Organisation de la défense de la ville
La ville n’est enserrée d’une enceinte de pierre flanquée de tours qu’au XIVe siècle. Elle est ensuite adaptée au XVe siècle et au début du XVIe siècle pour répondre aux progrès des armes à feu. Sous l’impulsion de Charles-Quint, roi d’Espagne et Empereur du Saint-Empire-Romain-Germanique, Le Quesnoy devient une place forte de frontière qu’il faut adapter. C’est un technicien italien, Frate da Modena (Jacopo Seghizzi) qui y travaille à partir de 1534. Dès lors, l’enceinte
médiévale est engloutie dans les remparts bastionnés, les tours sont rasées pour dégager le flanquement des murailles par les canons
depuis les bastions et d’épais massifs de terre s’adossent à la muraille à l’intérieur de la ville. Il ne subsiste, à l’extrémité de la demi-lune des Suisses, qu’une portion de tour en fer-à-cheval, qu’on appelle aujourd’hui la « Tour Baudouin ».

Vauban et ses successeurs
Le 6 septembre 1654, Turenne s’empare du Quesnoy pour le compte de Louis XIV. Cinq ans plus tard, le traité des Pyrénées la rattache définitivement au royaume de France. Vauban est alors chargé de moderniser la place afin de l’intégrer à la défense de la frontière septentrionale. Jeune ingénieur, Vauban réalise entre 1668 et 1673 une de ses premières expériences. Il transforme la ville afin de lui donner, pour l’essentiel, l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui. D’autres ajouts interviendront au XVIIIe siècle, comme l’important ouvrage à cornes qui enserre le faubourg Faurœulx. A la fin du XIXe siècle, des casemates à l’épreuve des bombes et de petits ouvrages complémentaires comme une caserne souterraine dans le bastion Royal sont aménagés. En 1901, la place est déclassée.

De l’ombre à la lumière
Laissées à l’abandon, les fortifications vont devenir de véritables friches militaires, rapidement conquises par la végétation. Peu peuplée, la ville du Quesnoy n’a pas les moyens, comme les grandes agglomérations de  Cambrai, Lille ou Douai, de démanteler le corset de pierre multiséculaire. Les arbres et les buissons se chargeront d’effacer les murailles du paysage urbain, estompant la 
césure avec la campagne. Depuis 1977, la valorisation de cette enceinte des XVIe et XVIIe siècles quasi intacte est entreprise. Des chantiers de restauration sont réalisés chaque année et des travaux de réaménagement assainissent fossés et murailles.
Un précieux héritage
Désormais, un espace d’une centaine d’hectares offre au public une succession de plans d’eau et de perspectives le long de quinze kilomètres de sentiers   balisés. Dans ce conservatoire de la fortification des cinq derniers siècles, l’on passe parmi les bastions de Charles-Quint dont les embrasures ont été redécouvertes derrière les maçonneries de Vauban aux locaux souterrains prévus pour un télégraphe optique au XIXe siècle, en frôlant les vestiges du château comtal érigé au XIIe siècle.

Les libérateurs néo-zélandais de 1918
Après quatre années d’occupation allemande, le 4 Novembre 1918, Le Quesnoy est libéré par les forces néo-zélandaises. A l’issue d’une héroïque escalade des remparts, emmenée par le Second-Lieutenant Averill et d’âpres combats dans le centre du bourg, la Division néo-zélandaise vient à bout des 1500 soldats allemands tapis en ville. Mais les libérateurs enregistrent de lourdes pertes : 400 soldats néo-zélandais blessés et 93 tués.
Aujourd’hui, l’empreinte néo-zélandaise est fortement ancrée dans le sol quercitain : le Mémorial en l’honneur des soldats libérateurs, le cimetière du Commonwealth situé à coté du cimetière communal,  des noms de rues à consonance néo-zélandaise et une école maternelle au nom du Docteur Averill. Chaque année, l’ANZAC Day* est commémoré en ville, le dimanche le plus proche du 25 avril. A cette occasion, la municipalité et l’association Le Quesnoy Nouvelle-Zélande, créée en 1999, reçoivent des personnalités néo-zélandaises (Ambassadeur, 1er Ministre, équipe des All Blacks) et des familles de soldats (Averill, Blyth…). Depuis 2000, Le Quesnoy est jumelé à Cambridge en Nouvelle-Zélande.
*Australian and New-Zealand Army Corps

Le Quercitain

Des trésors cachés
A l’instar du Quesnoy, le quercitain est marqué par une histoire longue et mouvementée. Les traces de ce passé jalonnent le territoire qui révèle, ça et là, des trésors architecturaux des plus intéressants.
Entre autres, le château médiéval de Potelle et l’église fortifiée de Neuville-en-Avesnois, mais aussi des chapelles, des moulins à eau, des fermes anciennes à cour carré, des fontaines, des lavoirs et des oratoires.

Entre bocage et forêts
Porte du Parc naturel régional de l’Avesnois, le plateau quercitain s’incline en pente douce vers la vallée de l’Escaut. Il est sillonné de petites vallées bocagères, où serpentent de paisibles rivières, alors que ses hauteurs sont recouvertes par les cultures céréalières. Le Quercitain offre de ce fait des paysages variés, humides et colorés. Le joyau du territoire est la forêt de Mormal qui constitue, avec ses 9 000 hectares, le plus grand massif forestier de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.